Demain ne meurt jamais

Les débuts et les fins (d’année, de chapitre, de mariage, …) sont toujours des périodes propices à la réflexion. Tellement propices, en fait, qu’il est rudement difficile d’échapper à la tendance, quelle que soit notre – bonne ? – résolution à ce sujet !

L’idée qui m’a rattrapée en ce récent tournant calendaire est celle du temps qui passe. Le temps qui est parti, celui qui nous était imparti. Sans pouvoir quitter la route, je me suis donc retrouvée à regarder dans le rétroviseur un instant.

Sur conseil d’une amie, je lisais fin décembre ce livre : Demain est un autre jour (Lori Nelson Spielman, éd. Pocket). Le personnage central, une jeune femme, se trouve piégée sa défunte mère – par le truchement d’un surprenant testament – poussée hors de sa zone de confort, obligée de réfléchir à ce qu’elle a fait, n’a pas fait, voudrait faire. Elle découvre peu à peu une forme de gratification dans cet exercice, et même, évidemment, le bonheur véritable. C’est presque dommage que tout se termine si bien, mais je suppose que c’est bien l’idée que mon amie voulait me faire passer : croire que tout va inéluctablement bien se terminer si on cherche ouvertement le bonheur …

Donc, le livre en soi n’est pas une œuvre littéraire extraordinaire, ce sont bien les questions qu’il amène le lecteur à se poser qui sont intéressantes.

Où es-tu, que fais-tu, est-ce que j’existe encore pour … moi ?

Autrement dit, qu’ai-je fait de ma vie ? Que sont devenus mes rêves ? Les années écoulées jusqu’ici ont-elles été profitables, puis-je les compter en jours heureux, en succès, en rires éclatants et sourires charmants, en battements de cœur amoureux ? Ou n’y a-t-il qu’une incorrigible suite de mauvaises directions, choix erronés, interminables heures remplies d’ennui ?

Et si c’est bien de se poser des questions, c’est toujours mieux de pouvoir y répondre, et mieux encore d’y réagir ! C’est là qu’on cède – encore ! – aux velléités de changement qui sommeillent plus ou moins profondément en chacun de nous.

Je suis toujours partagée entre l’envie de profiter simplement du temps qui passe et celle de remplir chaque instant de quelque chose de significatif. Parce que le temps ne s’arrête pas, ne nous attend pas. Faut-il pour autant lui courir après ?

Il s’est passé une chose intéressante, sous nos latitudes, la semaine dernière : il a *enfin* neigé ! La neige, comme les talons aiguille, nous oblige à ralentir. Parce que le trafic ralentit, parce que ça glisse, parce qu’on doit faire attention où on met les pieds … parce qu’on est distraits par la magie du moment.

Quoi !? La neige, c’est magique ? Non, ça c’est une idée pour les enfants.

Mais lorsque le train n’arrive pas et qu’il fait trop froid pour sortir un livre sur le quai, on se retrouve à contempler, émerveillé, la beauté de ce ballet de flocons qui se déroule sous nos yeux. Lorsque marcher nous prend plus de temps, nous fatigue, nous nous arrêtons avec joie pour apprécier le tableau éphémère que la nature peint à l’improviste. Pour moi, une part de la magie, vient de cette précarité : la neige, c’est un peu de la matière en plein processus de migration entre deux états.

Si pour les enfants, qui voient tout au travers d’un enviable filtre de naïveté, il n’y a là que des avantages, la magie hélas ne dure qu’un instant pour les adultes. C’est là qu’entre les flaques d’eau et les chaussées verglacées, on se rappelle qu’après l’hiver viendra le printemps. On se dit que demain est un autre jour, et que l’espoir fait vivre, etc. Mais vous savez quoi ? j’ai découvert que c’est vrai … l’espoir fait vivre.

Contrairement aux livres, la vie est imprévisible ! Quand on croit savoir de quoi le lendemain sera fait, quand on pense avoir fait le tour des scénarios possibles, on se lève pour découvrir une tournure d’événements insoupçonnée. Quand on croit que « ça ne peut pas être pire », on découvre que si, on peut encore creuser son trou. Et quand on croit avoir tout perdu, on se découvre encore bien riche de tout ce qu’il nous reste véritablement à perdre : l’espoir.

On espère toujours quelque chose. On espère toujours plus, toujours mieux.

Et c’est cette idée folle qui nous sort du lit chaque matin.

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