Abus de langage

Les mots que l’on utilise ne sont pas anodins. Je n’aime pas les enchaîner à la va-vite. Ils peuvent modifier la réalité, énerver, rassurer ou enthousiasmer les autres. Les mots sont un peu comme des outils. Il faut bien les manier.

En matière d’alimentation, j’entends souvent autour de moi des expressions qui m’interpellent… J’en ai choisi deux pour vous :

C’est un bon vivant

Donc… nous séparons les bons et les mauvais vivants ? Nous aurions donc d’un côté les « bons vivants », gourmands je-m’en-foutistes : je me régale et je me fous des excès, et de l’autre les « mauvais vivants » : c’est bon pour la santé, même si ce n’est pas forcément gourmand. Mais pourquoi le plaisir serait du côté de la malbouffe et de la destruction de la planète ? Cette expression n’a vraiment pas de sens. Elle a été créée par nos mots.

Choisir des aliments qui ont du sens ne nous prive pas du plaisir de manger. Privilégier une alimentation locale, de saison et même biologique, ce n’est pas sacrifier le goût des choses. Comme nous ne devrions pas culpabiliser les gourmands parce qu’ils mangent parfois des aliments dits « vides de sens », nous ne devrions pas non plus stigmatiser ceux qui mangent des plats bons pour leur santé. Arrêtons les séparations et concentrons-nous plutôt sur ce qui nous unit : le plaisir de manger !

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Je fais attention à ce que je mange

Alors comme ça manger est un danger ? Il faut faire attention ? Manger ne doit pas être anxiogène. C’est un plaisir, un lien entre nous et la nature. Tant que nous penserons que manger des aliments non transformés, bio et sains correspond à « faire attention » nous aurons le sentiment de nous sentir contraints. Je n’ai pas l’impression de faire des sacrifices quand je mange des légumes bio bien cuisinés ni quand j’utilise de l’huile d’olive plutôt que du beurre, ni même quand je préfère la cuisson au four plutôt que la friture. Un de mes plus grands plaisirs quand je reviens du marché, c’est de voir toutes ces belles couleurs de fruits et légumes posés comme ça, sur ma table, sans emballages intempestifs. Je me réjouis de les transformer moi-même !

Oui, souvent, les mots que l’on utilise nous cataloguent. Nous réduisent à quelque chose. Nous dire que nous sommes « des gros mangeurs », des « gourmands » nous ferment à la possibilité d’être juste équilibrés, d’être ce que nous voulons être. Ne soyez pas esclaves des cases que vous vous créer ou que les autres créent pour vous. Même si l’on traverse des périodes plus compliquées que d’autres en termes d’alimentation, nous ne sommes pas définitivement ceci ou cela. Nous sommes juste vivants et toujours en mutation, selon les moments, les saisons, les émotions et les facteurs extérieurs.

 

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