Des liens indestructibles ?

Hier soir j’ai regardé la bande annonce d’un film à l’affiche en ce moment : « Ce qui nous lie ». Je n’ai pas vu le film, mais en gros ça parle de liens fraternels et de la révolte, la jalousie, la passion, la haine, la nostalgie, le sentiment d’injustice et la déception qui les ponctuent. Sujet qui m’a inspiré cet article et beaucoup de questions.

Le lien familial est-il indestructible ? Qu’est ce qui pourrait vous faire rompre le lien avec votre frère ou votre sœur ? Quand on est parents d’un enfant, faut-il obligatoirement lui faire un frère ou une sœur « pour son équilibre » ? Les enfants uniques seront-ils donc tous des déséquilibrés, incapables de se construire correctement ?

J’aurais voulu que l’amour d’une famille soit sans conditions. Que ce soit ceux sur qui on puisse compter tout le temps. Qu’on ait fait les bons ou les mauvais choix dans notre vie. Je m’y atèle avec ma propre famille.

L’autre jour, j’ai dit à mon fils de stopper le visionnage de sa tablette, car cela faisait plus d’une demi-heure qu’il la regardait et que c’était mon devoir de protéger ses yeux et son cerveau. Du haut de ses 4 ans il m’a jeté un « Grrrr t’es méchante et je ne t’aime plus!« . Bien sûr, en tant que maman ça fait mal. Mais il n’a que 4 ans et tellement de choses à apprendre. Je lui ai simplement répondu que moi, je l’aimerais toujours, même quand je suis fâchée ou triste à cause de ses comportements. Parce qu’on aime pas un fils sous conditions. On l’aime inconditionnellement.

L’amour d’une mère est unique. Inconditionnel. Cela doit être d’une cruauté insupportable de perdre cela et de n’être plus qu’aimé sous conditions.

Et qu’en est-il du lien fraternel ? Est-ce qu’avoir un frère ou une sœur nous assure obligatoirement un « ami pour la vie » avec qui tout partager ? Que pense-t-on d’une personne qui a rompu avec son frère/soeur ?

J’ai envie de vous raconter l’histoire d’Eva. Eva a un frère et il a rompu avec elle ou elle a rompu avec lui. Personne ne sait exactement d’où vient le conflit. Leurs parents pensaient bien faire en faisant 2 enfants. Aujourd’hui leurs enfants sont de parfaits inconnus l’un pour l’autre. Eva n’a jamais vraiment su ce que c’était l’entraide entre frères et sœurs, les confidences, la complicité, la bienveillance. Son frère passait son temps à la rabaisser étant plus jeune. Elle s’est plusieurs fois demandé pourquoi il était si agressif, pourquoi il semblait ne pas l’aimer telle qu’elle était. C’était son frère bordel. Elle n’a jamais vraiment su ce qu’il lui reprochait à part de ne pas être comme il aurait voulu qu’elle soit. Nés du même ventre mais si différents. Elle ne se souvient pas d’avoir fait quoique ce soit d’assez grave pour mener à une rupture de lien. Il a sûrement toute une liste de reproches, mais comme ils ne communiquent plus que par des conversations de politesse et superficielles, elle ne sait pas ce qu’elle a bien pu faire.

Eva aurait voulu savoir ce que c’est d’avoir un frère. Un frère sur qui tu peux compter. Elle aurait voulu être une sœur sur laquelle on peut compter aussi. Si on lui en avait laisser l’occasion. L’occasion d’être elle même. Elle a été blessée. Elle a pardonné. Elle a été encore blessée. Elle a encore pardonné. Aujourd’hui elle a fait le deuil de son idéal. Elle n’aura probablement jamais ce lien fraternel qu’on décrit dans les belles histoires de famille. Son frère ne la serrera jamais dans ses bras. Ou peut-être faudra-t-il un évènement tragique pour que cela se produise, comme dans les films.

Elle a compris que les amis peuvent être les frères et sœurs qu’on a jamais eu. Et que l’on est pas responsable des réactions ni des sentiments des autres. Qu’on ne peut pas les forcer à nous aimer. Elle se dit aussi que certains êtres humains ne savent pas démontrer leur affection avec bienveillance. Peut-être qu’il l’aime quand même mais qu’il n’a jamais su lui montrer autrement qu’en la malmenant ? Est-elle meilleure que lui, est-il meilleur qu’elle ? Est-ce vraiment une histoire de compétition ?

Et si on s’acceptait même quand on est pas d’accord, même quand on a pas la même façon de vivre, sans se juger ?

Aimez-vous, les gens. Soyez bienveillants. Entraidez-vous. Que vous soyez de la même famille ou pas d’ailleurs. N’emmener pas de rancunes et de haine dans l’au-delà, c’est sûrement pas biodégradable ces trucs-là…

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. akanini dit :

    … ! Très touchant ❤

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